Le dirigeant de Reform UK fait face à la réouverture d’une enquête parlementaire. Nigel Farage a remporté jeudi une élection partielle avec 63,34 % des voix, retrouvant son siège de député. Ce retour relance une enquête sur un don de 6,7 millions de dollars et d’autres soutiens venant de deux personnalités liées à l’industrie crypto.
Farage enquête crypto 2026 : deux figures liées à l’industrie crypto
Les responsables parlementaires examinent un paiement personnel d’environ 5 millions de livres, soit environ 6,7 millions de dollars. Ce paiement provient de Christopher Harborne, un investisseur milliardaire détenant une participation dans l’émetteur de stablecoin Tether. Harborne avait versé cette somme à Farage avant son entrée au Parlement, après les élections générales de juillet 2024.
Farage avait d’abord qualifié ce paiement de récompense pour son travail en faveur du Brexit. Il l’a ensuite décrit comme un don personnel sans condition. Lors d’un live annonçant sa démission en juillet, Farage a déclaré n’avoir « rien fait de mal », précisant qu’une partie de la somme couvrait des frais de sécurité personnelle.
Un second volet lié à un conseiller de longue date
L’enquête couvre également du personnel, de la sécurité, des transports et un logement fournis par George Cottrell, conseiller de longue date de Farage. Selon le Sunday Times, Cottrell aurait financé des chauffeurs, des agents de sécurité et l’accès à une propriété de cinq étages près de Buckingham Palace.
Farage a répondu avoir « suivi les règles », ayant reçu ces avantages avant de devenir député. Il a qualifié l’enquête du journal de « règlement de comptes ». Un seul avantage lié à Cottrell, d’une valeur inférieure à 9 300 livres pour un événement en Belgique, avait été enregistré après son entrée au Parlement.
Pourquoi le dossier redevient actif ?
Farage avait démissionné de son siège en juillet pendant que l’enquête était active. Cette démission avait suspendu le dossier, les enquêtes parlementaires ne s’appliquant qu’aux députés en fonction. Sa victoire de jeudi restaure son statut et permet donc à l’enquête, ouverte initialement le 13 mai, de reprendre son cours.
Les règles de la Chambre des communes imposent aux députés nouvellement élus de déclarer leurs intérêts financiers actuels sous un mois. Ils doivent également signaler les avantages reçus durant les douze mois précédant leur élection. Ce nouveau mandat ouvre donc une nouvelle période de déclaration couvrant l’année précédant le scrutin de jeudi.
Une hausse notable des dons crypto vers Reform UK
Cette affaire personnelle s’accompagne d’une hausse des dons liés à l’industrie crypto envers le parti de Farage. Harborne et le cofondateur de BitMEX Ben Delo ont ensemble versé 9,4 millions de dollars à Reform UK durant le premier trimestre 2026. Ces deux donateurs représentaient environ 28 % des 32,2 millions de dollars reçus par l’ensemble des partis britanniques enregistrés.
Reform UK avait déclaré 12,5 millions de dollars de dons au premier trimestre, contre 8,1 millions pour les Conservateurs et 5,5 millions pour le Labour. Le parti était également devenu la première formation de Westminster à accepter des dons en Bitcoin, avant que le gouvernement ne restreigne cette pratique.
Un débat plus large sur les dons politiques en cryptomonnaie
Le Royaume-Uni avait instauré un moratoire temporaire en mars, après des inquiétudes sur la traçabilité des dons politiques en crypto. Des députés travaillistes ont proposé en juillet de transformer cette interdiction temporaire en loi permanente. Le député Liam Byrne a précisé que cette mesure viserait à renforcer la protection contre l’influence politique financée par des donateurs fortunés.
Des recommandations antérieures du président d’une commission parlementaire de sécurité nationale appelaient déjà à faire transiter les dons crypto autorisés via des prestataires enregistrés auprès du régulateur financier britannique. Ces propositions incluaient également des vérifications sur l’origine des fonds et une conversion obligatoire en livres sterling sous 48 heures.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
Pour un lecteur français, belge ou suisse, ce dossier illustre les tensions croissantes entre financement politique et industrie crypto au Royaume-Uni. Un constat contre Farage ne le retirerait pas automatiquement du Parlement, mais pourrait déclencher une procédure de rappel si une suspension suffisamment longue était prononcée.
Ce débat sur la transparence des dons crypto reste distinct du cadre réglementaire européen applicable aux plateformes elles-mêmes. Notre article sur le grand tri des exchanges européens sous MiCA montrait déjà cette exigence croissante de transparence financière à travers l’Europe, appliquée cette fois aux entreprises plutôt qu’aux partis politiques.
Les prochaines étapes de cette enquête
La commissaire aux normes devra déterminer si le paiement de Harborne et les avantages liés à Cottrell relevaient des règles de déclaration. Elle devra également établir si Farage s’y est conformé. Aucun calendrier précis n’a été communiqué pour la conclusion de cette enquête.
En résumé, cette réouverture d’enquête illustre la persistance du débat entourant le financement crypto de la vie politique britannique. Son issue pourrait peser sur l’adoption définitive d’une interdiction permanente des dons politiques en cryptomonnaie au Royaume-Uni.
⚠️ Cet article est publié à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil financier. Aucune recommandation d’achat ou de vente n’est exprimée. Les marchés crypto sont volatils. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Effectuez toujours vos propres recherches. Ne misez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.



