Séoul dévoile enfin son calendrier complet. Le régulateur financier sud-coréen a présenté un plan en trois étapes pour tokeniser actions, obligations et fonds. La première phase entrera en vigueur le 4 février 2027. L’objectif final relie ce système à un règlement basé sur les stablecoins.
Ce que couvre la première phase
La Commission des services financiers a présenté ce plan vendredi, après une troisième réunion de son organe consultatif. Les fonds monétaires à capital privé et les obligations réservées aux investisseurs institutionnels ouvrent le bal. Des actions non cotées détenues via des structures fiduciaires entrent également dans ce premier cadre. Les titres d’investissement fractionné déjà proposés publiquement complètent cette première étape.
Deux phases suivantes encore sans calendrier fixe
Ensuite, la deuxième phase élargira ce cadre à l’ensemble des titres proposés publiquement. Les autorités n’ont encore fixé aucune date précise pour cette expansion plus large. La troisième phase introduira une infrastructure de paiement onchain connectée aux stablecoins. Cette dernière étape dépend directement de l’adoption d’une législation encore en discussion sur les stablecoins. Ce texte, le Digital Asset Framework Act, reste l’une des pièces réglementaires les plus attendues du pays.
Une infrastructure technique déjà en construction
Ce plan s’appuie sur des amendements adoptés par l’Assemblée nationale sud-coréenne en janvier dernier. Concrètement, ces amendements reconnaissent officiellement les registres distribués comme registres légitimes de titres financiers. Samsung SDS a par ailleurs remporté un contrat pour développer la plateforme technique du dépositaire coréen des titres. Le contrat prévoit un achèvement autour de l’entrée en vigueur des lois amendées. Un programme distinct de dépôts tokenisés fonctionne déjà à titre expérimental dans neuf banques coréennes.
Une course régionale à la tokenisation des marchés financiers
La Corée du Sud ne se lance pas seule dans cette course technologique. Le Japon a récemment dévoilé son propre projet de règlement blockchain pour les actions et obligations. Ce projet japonais vise toutefois un déploiement plus lointain, au début des années 2030. Singapour, de son côté, a finalisé cette même semaine son propre cadre de licence pour les stablecoins. L’Asie s’impose ainsi comme le principal terrain d’expérimentation pour la tokenisation des marchés financiers traditionnels.
Ce que cette avance asiatique signifie pour les marchés ?
Pour un investisseur français, cette avance coréenne illustre un écart croissant avec l’approche européenne. L’Union européenne dispose déjà d’un régime pilote DLT pour les infrastructures de marché fondées sur la blockchain. Ce cadre reste toutefois expérimental et nettement plus restreint que le plan coréen en trois phases. Concrètement, aucune bourse française ne propose aujourd’hui de titres tokenisés à cette échelle nationale coordonnée. Cette avance asiatique pourrait accélérer la pression réglementaire pour une initiative européenne comparable, dans un contexte déjà marqué par les difficultés de mise en conformité observées chez certains acteurs sous MiCA.
Les prochaines étapes
L’entrée en vigueur du 4 février 2027 constitue la première échéance concrète à surveiller. Ensuite, les résultats de cette première phase détermineront le rythme des deux étapes suivantes. Par ailleurs, l’adoption du Digital Asset Framework Act reste la clé de voûte de la phase finale. Enfin, la concurrence régionale avec le Japon et Singapour pourrait accélérer le calendrier coréen dans les prochains mois.
⚠️ Cet article est publié à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil financier. Aucune recommandation d’achat ou de vente n’est exprimée. Les marchés crypto sont volatils. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Effectuez toujours vos propres recherches. Ne misez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.



