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Bitget THORChain fonds volés : le blocage refusé

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Le bras de fer est désormais public. Bitget exige que THORChain bloque les adresses du pirate responsable du vol de 387,5 millions de dollars. Le protocole refuse et invoque sa nature décentralisée. Ce clash relance un vieux débat : la neutralité d’un réseau peut-elle servir de refuge aux hackers ?

Bitget THORChain fonds volés : l’origine du conflit

Le 24 septembre, Bitget a subi l’un des plus gros piratages de l’année. L’estimation initiale de 351,6 millions de dollars a été revue à 387,5 millions. Selon la plateforme, l’attaquant a compromis un système interne de son infrastructure de portefeuilles, sans accéder aux clés privées. Nous avions couvert l’incident dans notre article sur le piratage de Bitget.

Les actifs dérobés couvrent de nombreux réseaux : XRP, ETH, USDT, USDC, ZEC, BNB, AVAX et TRX. Une partie de ces fonds a commencé à circuler, notamment via THORChain.

Le parcours des fonds jusqu’au mixeur

La société d’analyse AMLBot a retracé un premier trajet complet. Selon crypto.news, les fonds ont suivi ces étapes :

  • TRON : conversion de TRX en USDT
  • Ethereum : transfert via USDT0 puis échange contre environ 145 ETH
  • THORChain : conversion en environ 4,59 BTC
  • Wasabi : environ 4 BTC envoyés dans le mixeur CoinJoin

Le montant reste modeste. Environ 343 millions de dollars, soit 88 % des fonds suivis, dormaient encore dans 13 portefeuilles au 25 septembre. On y trouvait notamment 68 300 ETH, 83 millions de XRP et 18 900 ZEC. La vraie question est donc la suite : si ces millions bougent, par où passeront-ils ?

La charge de Gracy Chen contre THORChain

Le 26 septembre, la PDG de Bitget a demandé à THORChain de refuser tout service aux adresses du pirate. Son message a été repris dans tout l’écosystème : « La décentralisation est un principe de conception, pas un bouclier pour faciliter la circulation de fonds volés connus. L’industrie regarde. »

Star Xu, fondateur d’OKX, a soutenu cette position. D’après Bitcoin.com News, il reproche au réseau de savoir s’arrêter quand ses propres fonds sont menacés, mais pas ceux des autres.

La réponse de THORChain : « un arrêt n’est pas un gel »

Le 28 septembre, THORChain a répondu sans céder. « Un arrêt n’est pas un gel sélectif de fonds précis ou d’un échange individuel », a déclaré le protocole. En clair, le mécanisme d’urgence peut stopper tout le réseau, mais pas cibler un seul portefeuille.

Michael Perklin, dirigeant spécialisé en sécurité crypto, défend cette logique. Il compare les opérateurs de nœuds THORChain aux mineurs Bitcoin et aux validateurs Ethereum. « Dans les trois cas, il n’y a pas de choix actif de signer, seulement un choix actif d’éteindre la machine », résume-t-il. Couper le service bloquerait aussi tous les utilisateurs légitimes.

Certains vont plus loin. Joel Valenzuela, de Dash, a jugé la demande de Bitget « incroyablement injuste ».

Le fantôme de Bybit refait surface

Ce débat n’est pas nouveau. En février 2025, le piratage de Bybit, attribué au groupe nord-coréen Lazarus, avait déjà mis THORChain sous pression. Une large part des ETH volés avait transité par le protocole vers Bitcoin. Selon The Cryptonomist, une proposition de blocage n’avait pas obtenu le soutien des opérateurs de nœuds. Un développeur clé avait ensuite quitté le projet.

THORChain a aussi connu sa propre faille. Le 15 mai 2026, un nœud malveillant a drainé 10,7 millions de dollars d’un coffre du protocole. Les échanges n’ont repris que le 23 juin. Aucune adresse n’avait été mise sur liste noire après cet incident non plus.

Bitget THORChain fonds volés : où en est la récupération ?

Les acteurs centralisés ont réagi plus vite. Circle et Tether avaient gelé environ 318 000 dollars en USDC et USDT au 26 septembre. Bitget propose une prime de 5 % pour tout gel d’actifs et 5 % pour toute récupération. Côté clients, les retraits Bitcoin ont repris le 28 septembre. Un retour progressif des autres actifs est prévu jusqu’au 2 octobre.

Le contraste est frappant. Les émetteurs de stablecoins peuvent geler des fonds, contrairement aux protocoles réellement décentralisés. La responsabilité des infrastructures cross-chain divise d’ailleurs déjà le secteur, comme l’a montré la plainte de KelpDAO contre LayerZero.

Et en Europe francophone ?

Dans l’Union européenne, le règlement MiCA s’applique aux prestataires de services crypto, comme les plateformes d’échange. Les services fournis de manière entièrement décentralisée, sans intermédiaire identifiable, en sont en principe exclus. Ce débat résonne donc aussi en France et en Belgique : qui est responsable quand personne ne contrôle le réseau ?

Pour les utilisateurs, la leçon reste pratique. Diversifier ses plateformes et garder une partie de ses actifs en auto-conservation limite l’exposition à ce type d’incident. Nos règles pour protéger ses cryptos détaillent ces bonnes pratiques.

Ce qu’il faut retenir

Bitget accuse THORChain de laisser passer des fonds volés. THORChain répond qu’il ne peut pas filtrer sans trahir sa neutralité. Près de 88 % du butin dort encore dans les portefeuilles du pirate. Le prochain mouvement de ces fonds pourrait relancer le débat avec encore plus d’intensité.

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