La plateforme de marchés de prédiction négocie une levée d’environ un milliard de dollars, selon Reuters. Sa valeur passerait de 22 milliards en mai à 40 milliards, soit 82 % de plus en quatre mois. Ce pari géant tombe pourtant au pire moment sur le plan juridique.
Kalshi valorisation 40 milliards : ce que rapporte Reuters
Kalshi serait en discussions avancées pour lever environ 1 milliard de dollars. Sequoia Capital et Wellington Management mèneraient le tour. Tiger Global et Dragoneer pourraient aussi y participer. L’accord n’est pas finalisé.
La trajectoire est spectaculaire. La valorisation était d’environ 11 milliards de dollars fin 2025. Elle a doublé à 22 milliards en mai 2026, lors d’un tour d’un milliard. Le montant visé ici ferait presque doubler la valeur une nouvelle fois.
Une croissance qui explique l’appétit des investisseurs
Les chiffres avancés par l’entreprise alimentent cet enthousiasme. En mai, Kalshi affirmait que son volume annualisé avait triplé en six mois, de 52 à 178 milliards de dollars. Selon CoinCentral, le secteur a traité 50,6 milliards de dollars en juillet.
- Kalshi en juillet : 37,7 milliards de dollars de volume
- Polymarket en juillet : 12,9 milliards de dollars, États-Unis et international cumulés
- Statut : marché de contrats désigné et régulé par la CFTC
Kalshi revendiquerait plus de 90 % de l’activité américaine, d’après Blockhead. Son directeur général, Tarek Mansour, aurait aussi évoqué une introduction en Bourse dans les prochaines années. Aucune date n’est annoncée.
Le rival Polymarket vise la moitié.
Polymarket, plateforme crypto, chercherait de son côté environ un milliard de dollars, pour une valeur supérieure à 20 milliards. Kalshi viserait donc presque le double. Reuters note aussi que Polymarket fait l’objet d’une enquête de la CFTC. Nous avions déjà détaillé les ennuis de ce rival dans notre article sur la plainte de New York contre Polymarket.
Le risque juridique qui plane sur la levée
Le calendrier est délicat. Fin septembre, la cour d’appel fédérale du sixième circuit a donné raison à l’Ohio et au Tennessee. Ses trois juges ont estimé à l’unanimité que les contrats sportifs de Kalshi ne sont pas des « swaps » relevant de la CFTC. Les États peuvent donc les encadrer comme des jeux d’argent.
Les tribunaux ne s’accordent pas :
- Troisième circuit (avril 2026) : décision favorable à Kalshi dans le New Jersey
- Neuvième circuit (septembre 2026) : décision favorable aux États
- Sixième circuit : décision favorable aux États
Cette divergence ouvre la voie à un recours devant la Cour suprême. Des élus d’États ont déjà déposé un mémoire pour demander de trancher. La question est simple : qui contrôle les marchés de prédiction, Washington ou les États ?
Kalshi valorisation 40 milliards : un pari sur la décision finale
Les investisseurs semblent parier que la croissance l’emportera sur l’incertitude. Une victoire fédérale ouvrirait tout le marché américain. Une défaite obligerait la plateforme à composer avec une mosaïque de règles locales, sur ses contrats sportifs surtout. Ces contrats représentent une grande partie de l’activité, selon plusieurs analyses du secteur. Aucun chiffre officiel n’est publié à ce sujet.
Une valorisation reste une estimation, pas un prix payé. Elle peut être revue si les discussions échouent ou si la justice change la donne.
Et pour la France, la Belgique et la Suisse ?
Le monde francophone a déjà tranché sur ce sujet. Le 16 juillet 2026, l’ANJ a ordonné aux fournisseurs d’accès français de bloquer Polymarket. Le régulateur a invoqué une offre de jeux d’argent non autorisée, l’absence de vérification d’identité et des soupçons de paris truqués, selon Journal du Coin.
La même source indique que la Belgique, la Suisse et plusieurs autres pays européens ont restreint ou bloqué ces plateformes. Aux yeux des régulateurs européens, un marché de prédiction se rapproche donc d’un jeu d’argent. Ce constat rejoint le débat américain. Avant toute utilisation, un résident francophone doit vérifier la légalité du service dans son pays.
Ce qu’il faut retenir
Kalshi négocie une levée d’un milliard de dollars à 40 milliards de valorisation, portée par une croissance très rapide. La justice américaine reste pourtant divisée sur la nature de ses contrats sportifs. La Cour suprême pourrait devoir trancher. En Europe francophone, les autorités ont déjà choisi la prudence.
⚠️ Cet article est publié à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil financier. Aucune recommandation d’achat ou de vente n’est exprimée. Les marchés crypto sont volatils. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Effectuez toujours vos propres recherches. Ne misez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.




