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🏦 Amundi lance un fonds UCITS sur Solana : 2 400 milliards d’euros entrent dans la blockchain

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Ce qui était impensable il y a trois ans vient de se produire. Amundi, filiale du Crédit Agricole et premier gestionnaire d’actifs européen avec 2 400 milliards d’euros sous gestion, a annoncé le déploiement de son fonds tokenisé SAFO sur la blockchain Solana, en partenariat avec Spiko Finance. L’annonce a été faite le 15 mai 2026 par le compte officiel de Solana sur X. Pour le marché crypto européen, le signal est aussi fort que rare : la finance institutionnelle la plus conservatrice d’Europe choisit Solana comme infrastructure de règlement.

Qu’est-ce que le fonds SAFO exactement ?

SAFO pour Spiko Amundi Overnight Swap Fund est un fonds UCITS de droit français, régulé par l’AMF (Autorité des marchés financiers). Ce n’est pas un produit spéculatif. C’est un outil de gestion de trésorerie conçu pour les entreprises et les institutions financières, qui cherchent une alternative moderne aux dépôts bancaires classiques. Le fonds génère des rendements stables au-dessus du taux sans risque grâce à des total return swaps entièrement collatéralisés, conclus avec des banques de premier rang dont BNP Paribas. La liquidité est overnight les parts sont transférables 24h/24 et 7j/7. Les souscriptions partent d’1 euro, et le fonds est disponible en EUR, USD, GBP et CHF.

Côté infrastructure : Amundi agit comme gestionnaire délégué, Spiko assure la tokenisation, la tenue de registre et le courtage, et CACEIS autre entité du groupe Crédit Agricole joue le rôle de banque dépositaire et valorisateur. Chainlink fournit les flux de valeur liquidative on-chain. PwC assure l’audit. En d’autres termes, toute la chaîne institutionnelle traditionnelle est présente, simplement posée sur une infrastructure blockchain.

Pourquoi Solana ? Et pourquoi maintenant ?

Solana devient la huitième blockchain sur laquelle SAFO est déployé. Amundi et Spiko avaient déjà lancé le fonds sur Ethereum, Polygon, Arbitrum, Base, Starknet, Stellar et Etherlink, avec environ 100 millions de dollars d’AUM engagés lors de l’expansion de mars 2026. L’ajout de Solana n’est pas anodin. La blockchain attire depuis 2025 des acteurs comme Visa, PayPal et Stripe pour le règlement de paiements. Les ETF spot Solana aux États-Unis viennent de franchir le milliard de dollars sous gestion. Amundi arrive dans ce contexte non pas comme pionnier solitaire, mais comme confirmation tardive et décisive d’un mouvement déjà en marche.

Le cadre réglementaire MiCA en Europe joue également un rôle clé. La progressivité de son application depuis 2024 a créé les conditions pour que des acteurs aussi prudents qu’Amundi franchissent le pas. L’enveloppe UCITS permet au fonds d’être distribué dans toute l’Union européenne sous un régime réglementaire unique ce qui ouvre la porte aux fonds de pension, aux trésoreries d’entreprises et aux gestionnaires de collatéral institutionnels qui ne pouvaient pas toucher aux produits blockchain sans ce cadre.

Goldman Sachs réduit son exposition SOL au même moment.

Le tableau n’est pas uniformément haussier. Au moment où Amundi entre sur Solana, Goldman Sachs a réduit son exposition à SOL une divergence institutionnelle qui illustre des horizons temporels différents plutôt qu’une contradiction fondamentale. Amundi construit une infrastructure de long terme. Goldman ajuste du court terme. Ces deux positions coexistent souvent sur les actifs en phase d’adoption institutionnelle.

Pour les investisseurs en France et en Belgique, cet événement a une résonance particulière. Amundi est une société française, régulée par l’AMF française, adossée au Crédit Agricole. Quand cette institution décide de poser ses fonds sur Solana, elle valide implicitement la blockchain comme infrastructure digne de la finance réglementée européenne. Ce n’est pas un produit accessible directement aux particuliers. Aujourd’hui le SAFO cible les entreprises et les institutions.

Mais la dynamique est claire : les blockchains publiques comme Solana ne sont plus cantonnées à la crypto spéculative. Elles deviennent des rails de règlement pour la finance traditionnelle européenne.

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