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USDC ou USDT en euros ? Kaiko révèle un avantage de 56 % pour l’USDC.

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Dans le duel USDC contre USDT en euros, le rapport de force s’est inversé. Selon un graphique de Kaiko rapporté le 27 octobre par Cointelegraph, l’USDC représente 56 % du volume mensuel cumulé des deux paires USDC/EUR et USDT/EUR au dernier point disponible. Cette part était d’environ 10 % en janvier 2024. Cette avance ne signifie pas que Circle a dépassé Tether à l’échelle mondiale. Elle décrit un segment précis : le partage du volume entre deux stablecoins indexés sur le dollar face à l’euro. Le mouvement intervient alors que MiCA réduit l’accès aux jetons non conformes sur les plateformes réglementées de l’Union européenne.

Ce que mesure réellement la part de 56 %

Le chiffre central doit être lu avec précision. D’après l’article de Cointelegraph et le graphique Kaiko qu’il reproduit, la mesure correspond au volume USDC/EUR divisé par la somme des volumes USDC/EUR et USDT/EUR. Il ne s’agit donc ni de tous les échanges de stablecoins contre l’euro, ni de 56 % de la capitalisation mondiale, ni de 56 % des avoirs des Européens, ni de la part des stablecoins eux-mêmes indexés sur l’euro.

  • Périmètre : les deux seules paires USDC/EUR et USDT/EUR du graphique.
  • Actifs comparés : notamment l’USDC et l’USDT, deux jetons indexés sur le dollar.
  • Mesure : une part du volume mensuel cumulé de ces deux paires, distincte de l’offre en circulation ou du nombre d’utilisateurs.

Une limite importante subsiste : le rapport Kaiko cité, la liste des plateformes couvertes, la période exacte de calcul et la méthode de mesure de la profondeur des carnets n’étaient pas accessibles publiquement lors de notre vérification. FRCrypto présente donc les chiffres de 56 % et 40 % comme des données de Kaiko rapportées par Cointelegraph, sans les considérer comme reproduites de manière indépendante.

USDC contre USDT en euros : un basculement de liquidité

Le changement ne se limite pas aux volumes. Toujours selon les données attribuées à Kaiko, les carnets d’ordres de l’USDC face à l’euro seraient environ 40 % plus profonds que ceux de l’USDT. Un carnet plus profond contient davantage d’ordres d’achat et de vente autour du prix du marché. En principe, cela permet d’exécuter un ordre important avec moins de glissement de prix.

Cette dynamique peut s’autoalimenter. Des plateformes proposent davantage de paires USDC/EUR, les teneurs de marché y concentrent leur liquidité, puis les utilisateurs privilégient le carnet offrant les meilleures conditions d’exécution. Toutefois, le seuil de profondeur retenu par Kaiko n’étant pas public dans la source disponible, ce pourcentage ne permet pas à lui seul de comparer les frais, les spreads ou la qualité d’exécution de chaque plateforme.

MiCA agit d’abord sur les portes d’entrée européennes

Circle a obtenu en France un agrément d’établissement de monnaie électronique en juillet 2024, lui permettant d’émettre l’USDC et l’EURC dans l’Espace économique européen sous le cadre MiCA. En parallèle, plusieurs plateformes ont restreint les paires en USDT pour leurs clients européens. Cette asymétrie réglementaire a vraisemblablement renforcé l’USDC sur les marchés en euros, sans prouver que MiCA soit l’unique cause du basculement.

Le 8 octobre 2026, l’ESMA a demandé aux prestataires agréés sous MiCA de cesser les services liés aux stablecoins non conformes pour leurs clients dans l’Union. Les expositions existantes doivent être traitées dans un délai maximal de trois mois, avec des services transitoires limités à la liquidation, la conversion, le retrait, le transfert ou la conservation. L’autorité ne cite pas l’USDT dans ce communiqué, mais ce durcissement prolonge le calendrier européen visant les stablecoins non conformes à MiCA.

Une étude indépendante nuance la causalité

Une recherche publiée en 2026 dans Economics Letters apporte un point de comparaison utile. Sur un échantillon de 14 plateformes autour du 1er avril 2025, les auteurs observent une hausse relative de la part de l’USDC sur les places davantage exposées aux obligations européennes. Leur décomposition indique cependant que le mouvement provenait surtout d’une contraction d’environ 20 % du volume de l’USDT par rapport aux plateformes mondiales, tandis que le volume de l’USDC n’augmentait pas de façon statistiquement significative.

Autrement dit, un gain de part de marché peut résulter d’une offre retirée des menus de trading, et pas seulement d’une nouvelle demande organique. Ce résultat ne valide pas directement la mesure de 56 %, car l’étude utilise une autre période et une autre méthode. Il confirme toutefois le mécanisme général : la réglementation peut modifier la composition des volumes sur les plateformes qui servent de passerelles entre monnaies fiduciaires et crypto-actifs.

Tether reste nettement devant à l’échelle mondiale

Le leadership de l’USDC sur ces deux paires en euros ne renverse pas la hiérarchie mondiale. Au 27 octobre 2026, DefiLlama recensait environ 181,9 milliards de dollars d’USDT en circulation, contre 71,2 milliards pour l’USDC. L’offre de Tether restait donc près de 2,55 fois supérieure, en cohérence avec le ratio arrondi de 2,5 rapporté par Cointelegraph.

Les deux stablecoins occupent aussi des usages et des réseaux différents. L’USDT conserve une forte présence dans les paiements et sur les plateformes mondiales, tandis que l’USDC est davantage implanté dans certaines infrastructures réglementées et applications de finance décentralisée. Pour replacer ce duel dans son contexte, FRCrypto a détaillé le poids mondial d’USDT et d’USDC. Le chiffre de 56 % doit donc être lu comme un indicateur relatif de liquidité sur ces deux paires en euros, et non comme un nouveau classement global.

Ce que cela change pour les utilisateurs européens

Pour un utilisateur en France, en Belgique ou dans un autre pays de l’Espace économique européen, la taille mondiale d’un stablecoin n’est plus le seul critère pertinent. L’accès réel dépend de la juridiction, du statut du prestataire et des paires encore proposées. Avant une conversion, il convient notamment de vérifier :

  • la disponibilité exacte des paires USDC/EUR et USDT/EUR sur la plateforme utilisée ;
  • le spread, la profondeur du carnet, les frais et le glissement estimé pour la taille de l’ordre ;
  • les délais de conversion ou de retrait annoncés pour les jetons concernés ;
  • le réseau de retrait et les risques propres à l’émetteur et au dépositaire.

MiCA encadre les services fournis par les acteurs réglementés de l’UE ; il ne faut pas le résumer à une interdiction mondiale de détenir de l’USDT. La conservation autonome et les transferts sur blockchain relèvent d’un autre périmètre que l’accès proposé par un prestataire européen. De même, l’USDC et l’USDT restent des stablecoins indexés sur le dollar : ils ne remplacent pas les jetons libellés en euros, dont l’essor constitue un marché distinct.

L’USDC passe aussi sous une surveillance renforcée.

Le 14 octobre, l’Autorité bancaire européenne a classé l’USDC comme le premier jeton de monnaie électronique « significatif » de l’Union. Selon le communiqué de l’EBA, une supervision conjointe avec l’ACPR débutera le 12 novembre 2026. L’EBA prendra notamment des responsabilités directes sur les fonds propres, les actifs de réserve, la liquidité ainsi que les plans de redressement et de remboursement.

Ce statut ne constitue ni une recommandation d’achat, ni une garantie publique, ni une assurance-dépôts. Il montre plutôt que le succès de l’USDC en Europe s’accompagne d’exigences prudentielles supplémentaires. La durabilité de cette part de 56 % entre les paires USDC/EUR et USDT/EUR dépendra désormais des cotations maintenues par les plateformes, de la concurrence des stablecoins en euros et de la capacité des teneurs de marché à conserver des carnets profonds. Les prochaines publications méthodologiques de Kaiko seront essentielles pour mesurer si ce basculement perdure.

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