Le 2 mai 2026, les sénateurs Thom Tillis (républicain, Caroline du Nord) et Angela Alsobrooks (démocrate, Maryland) ont publié un texte de compromis sur la question des rendements des stablecoins, levant ainsi le dernier obstacle majeur à l’avancement du CLARITY Act. Dans les heures qui ont suivi, Coinbase, Circle et les principales associations professionnelles du secteur ont réclamé à l’unisson un passage immédiat en commission. Le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, a posté un simple « Mark it up » sur X pour signifier son soutien.
C’est quoi le CLARITY Act ?
Le Digital Asset Market Clarity Act est la loi la plus ambitieuse jamais proposée pour réguler les crypto-actifs aux États-Unis. Voté par la Chambre des représentants en juillet 2025 avec une majorité bipartisane de 294 voix contre 134, il vise à clarifier qui régule quoi : la SEC garderait la main sur les actifs considérés comme des valeurs mobilières, tandis que la CFTC obtiendrait juridiction exclusive sur les marchés de cryptomonnaies considérées comme des matières premières numériques, dont Bitcoin. Il encadre aussi les stablecoins, les exchanges, les courtiers et les émetteurs de tokens.
Le compromis stablecoin : la clé qui débloquait tout
Le point le plus litigieux était le traitement des rendements sur les stablecoins. Les banques traditionnelles s’opposaient fermement à ce que les émetteurs de stablecoins puissent offrir des intérêts sur les dépôts, craignant une concurrence déloyale. Le compromis Tillis-Alsobrooks interdit les rendements qui fonctionnent comme des intérêts bancaires classiques, mais autorise les programmes de récompenses liés à une utilisation active des stablecoins, sur le modèle d’un cashback. Circle a salué la solution comme une protection de l’innovation sans menacer la stabilité financière.
La fenêtre : markup avant le 21 mai ou attendre 2030
Le calendrier législatif est extrêmement serré. Le Congrès part en recess pour la fête du Memorial Day le 21 mai 2026. Si la commission bancaire du Sénat ne vote pas un markup avant cette date, le projet de loi devra repartir de zéro avec le nouveau Congrès de 2027, soit un délai estimé à au moins jusqu’en 2030 pour une nouvelle tentative de cette envergure, selon les termes de la sénatrice Cynthia Lummis elle-même. Lummis, qui préside le sous-comité des actifs numériques, a déclaré lors de la Bitcoin Conference de Las Vegas : « Nous allons voter le CLARITY Act en mai. Nous allons aller jusqu’au bout. » Galaxy Research estime les chances d’adoption en 2026 à environ 50-50.
Ce que ça change concrètement pour les investisseurs francophones
Si le CLARITY Act est adopté, les conséquences pour les marchés seraient immédiates. Des entreprises étrangères hésitant à s’installer aux États-Unis par crainte du flou juridique pourraient accélérer leur implantation. Les grandes banques américaines, jusqu’ici freinées par l’incertitude réglementaire, pourraient commencer à proposer des produits crypto à leurs clients.
Pour les investisseurs en France et en Belgique, cela signifie davantage de liquidité institutionnelle sur Bitcoin et les principales cryptomonnaies, ce qui tend historiquement à réduire la volatilité et à élargir l’accès aux produits régulés comme les ETF. Treasury Secretary Scott Bessent a mis en garde que tout retard supplémentaire risque de pousser l’innovation crypto vers Dubaï et Singapour.
⚠️ Cet article est a titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil financier. Les cryptomonnaies sont des actifs hautement volatils. Effectuez toujours vos propres recherches avant tout investissement.




