Le 29 avril 2026, Jerome Powell a présidé sa toute dernière conférence de presse en tant que président de la Réserve fédérale américaine. Taux maintenus entre 3,50% et 3,75%. Inflation totale PCE estimée à 3,5% sur mars, core PCE à 3,2%. Huit ans de mandat se referment sur une économie en équilibre précaire, un baril de Brent à 103$ tiré par le conflit Iran, et un Bitcoin qui tangue sous les 77 000$.
Ce que Powell a dit, mot pour mot
Le discours d’adieu n’a pas laissé de place à l’ambiguïté. Powell a reconnu que la hausse des prix de l’énergie fera encore monter l’inflation à court terme, que les anticipations inflationnistes à court terme ont déjà augmenté, et que le choc pétrolier lié aux tensions au Moyen-Orient reste hors de contrôle direct de la Fed.
Il a confirmé rester au conseil des gouverneurs « pendant un certain temps » après le 15 mai, refusant d’abandonner son poste de gouverneur sous la pression de l’administration Trump. Une sortie par la petite porte ? Non. Une sortie sous haute tension.
La fracture interne : le vote le plus divisé depuis 1992
Le vote de la réunion a révélé une Fed fracturée. Huit membres ont voté pour le statu quo. Un a réclamé une baisse. Trois autres, dont Hammack, Kashkari et Logan, ont exigé la suppression totale de tout biais accommodant dans le communiqué officiel. C’est la division la plus prononcée depuis 1992.
Ce désaccord interne expose une réalité que les marchés commencent à intégrer : les prochaines réunions, pilotées par Kevin Warsh, risquent de produire une politique monétaire plus imprévisible qu’auparavant.

Warsh prend le volant : crypto faucon ou crypto allié ?
Kevin Warsh, le successeur désigné par Donald Trump, confirme sa prise de fonction autour du 15 mai. Son profil tranche avec celui de Powell : il appelle publiquement Bitcoin un « actif de réserve durable », a déclaré devant le Sénat qu’il ne créera pas de CBDC retail, et a révélé plus de 100 millions de dollars de positions personnelles dans des actifs numériques incluant des Layer 1, du DeFi et de l’infrastructure Bitcoin. Paradoxe pour les traders : Warsh est plus hawkish sur l’inflation mais pro-crypto sur le fond.
À court terme, son orientation vers la réduction du bilan de 6,7 trillions de dollars assèche la liquidité. À moyen terme, sa vision favorable aux actifs numériques pourrait changer la donne structurellement.
Ce que ça signifie pour les investisseurs francophones
Pour les portefeuilles en euros, la situation est double. D’un côté, la Fed en mode « higher for longer » renforce mécaniquement le dollar face à l’euro, ce qui rend les achats de Bitcoin plus coûteux depuis Paris, Bruxelles ou Genève. De l’autre, la BCE reste plus dovish que la Fed, et cette divergence historique des politiques monétaires redessine les flux de capitaux à l’échelle mondiale.
Bitcoin a perdu environ 2% dans les 24 heures suivant l’annonce, une réaction classique du schéma « sell the news » observé lors de 8 des 9 dernières réunions du FOMC. Les niveaux à surveiller : support à 73 000-74 000, résistance à 80 646 selon l’analyste Van de Poppe.
⚠️ Cet article est a titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil financier. Les cryptomonnaies sont des actifs hautement volatils. Effectuez toujours vos propres recherches avant tout investissement.



