Ce 30 mai 2026, Grayscale Research publie un rapport intitulĂ© « Hyperliquid Breaks the Mold ». La thĂšse tient en une phrase : Hyperliquid pourrait devenir un gĂ©ant des services financiers. Le mĂȘme jour, le token HYPE touche un record absolu Ă 67,28 dollars. Les ETF spot amĂ©ricains dĂ©passent les 100 millions de dollars de flux nets en dix jours. Par ailleurs, le CEO de NYSE a dĂ©clarĂ© publiquement que la plateforme est « plus grande que le Nasdaq ». En moins de trois ans, une Ă©quipe de onze personnes sans financement venture a construit ce que Wall Street met des dĂ©cennies Ă assembler. Le marchĂ© commence Ă s’en apercevoir.
Grayscale : « Le succÚs décisif des actifs numériques modernes »
Le rapport de Grayscale n’est pas une analyse de prix. C’est un repositionnement de catĂ©gorie. La firme prĂ©sente Hyperliquid non pas comme un exchange parmi d’autres, mais comme une infrastructure financiĂšre on-chain capable de rivaliser avec les places boursiĂšres traditionnelles. Les chiffres sont difficiles Ă ignorer. En 2025, Hyperliquid a traitĂ© 2,9 trillions de dollars de volume en futures perpĂ©tuels. Ses revenus annuels atteignent 800 millions de dollars. Par ailleurs, 99% de ces revenus ont Ă©tĂ© reversĂ©s en rachat de tokens HYPE et en rĂ©compenses aux stakers. L’open interest dĂ©passe aujourd’hui 7 milliards de dollars. Ainsi, Hyperliquid devient la troisiĂšme plateforme mondiale de perps crypto, derriĂšre Binance et Bybit. Zach Pandl, directeur de la recherche chez Grayscale, rĂ©sume la thĂšse : si la plateforme continue Ă bien exĂ©cuter et bĂ©nĂ©ficie de changements rĂ©glementaires, elle pourrait devenir un vĂ©ritable juggernaut des services financiers.
Pourquoi Hyperliquid est différent de tous les projets DeFi précédents ?
La plupart des plateformes DeFi naissent d’un whitepaper et d’une levĂ©e de fonds. Hyperliquid n’a pas suivi ce chemin. Aucun VC au capital. Pas d’ICO ni de tour de table en millions de dollars. L’Ă©quipe a tout construit avec ses propres moyens. En revanche, l’Ă©quipe a construit en silence une blockchain Layer 1 propriĂ©taire optimisĂ©e pour le trading haute frĂ©quence. La latence de finalisation est infĂ©rieure Ă une seconde. Toutes les transactions sont traitĂ©es on-chain, de maniĂšre transparente, comme un carnet d’ordres centralisĂ©.
C’est ainsi que Grayscale dĂ©finit ce modĂšle : « permissionless innovation ». N’importe quel dĂ©veloppeur peut dĂ©ployer de nouveaux marchĂ©s via le protocole HIP-3, sans permission d’une entitĂ© centrale. En mai 2026, ces marchĂ©s tiers ont dĂ©passĂ© 2,5 milliards de dollars d’open interest. Ils couvrent des actions tokenisĂ©es, des matiĂšres premiĂšres, des contrats politiques et des dĂ©rivĂ©s prĂ©-IPO. Notamment, le contrat SpaceX a attirĂ© l’attention du CEO de NYSE lui-mĂȘme. Il a prĂ©dit que ce marchĂ© pourrait dĂ©passer la capitalisation de l’IPO rĂ©elle.
HYPE Ă 67$ : ce que l’ATH signifie concrĂštement
HYPE a atteint 67,28 dollars ce 30 mai 2026. En dĂ©but d’annĂ©e, le token oscillait entre 20 et 30 dollars. C’est donc une progression de plus de 200% en cinq mois. Plusieurs catalyseurs se sont superposĂ©s.
D’abord, le lancement des ETF spot HYPE aux Ătats-Unis. Le 12 mai, 21Shares lance le ticker THYP. Le 15 mai, Bitwise lance le ticker BHYP. En dix jours, les deux ETF injectent plus de 100 millions de dollars. Ils surpassent ainsi les performances initiales des ETF Bitcoin et Ethereum sur une base pondĂ©rĂ©e par la capitalisation.
Ensuite, le mĂ©canisme de rachat du protocole alimente une pression acheteuse structurelle. 99% des frais de la plateforme sont reversĂ©s en buybacks. Par consĂ©quent, chaque dollar de volume gĂ©nĂšre de la demande supplĂ©mentaire sur le token. Enfin, la dĂ©claration du CEO de NYSE Jeffrey Sprecher lors de la confĂ©rence Bernstein du 29 mai agit comme un amplificateur. Devant des analystes financiers, il qualifie Hyperliquid de « plus grande que le Nasdaq ». Pourtant, la plateforme reste gĂ©obloqueĂ©e pour les utilisateurs retail amĂ©ricains. Grayscale note que la volatilitĂ© annualisĂ©e de HYPE est environ deux fois celle de Bitcoin. Les mouvements dans les deux sens peuvent donc ĂȘtre violents.
Ce qu’Hyperliquid reprĂ©sente pour les investisseurs francophones
Pour les investisseurs en France, en Belgique, au Maroc ou au Canada, Hyperliquid pose une question pratique : comment s’exposer Ă cette thĂšse ? Les ETF BHYP et THYP sont cotĂ©s aux Ătats-Unis. Ils ne sont pas directement accessibles depuis l’Europe via les courtiers grand public. En revanche, des ETP Hyperliquid commencent Ă apparaĂźtre sur les bourses europĂ©ennes, notamment Ă Zurich et Francfort. Ainsi, les investisseurs qui souhaitent une exposition rĂ©glementĂ©e peuvent y accĂ©der sans dĂ©tenir HYPE en direct.
L’accĂšs direct reste possible via Bybit ou certains CEX europĂ©ens qui ont listĂ© HYPE. Le staking sur la plateforme elle-mĂȘme offre des rendements liĂ©s aux frais de trading. Toutefois, il implique une exposition directe Ă la volatilitĂ© du token. Par ailleurs, FalconX compare Hyperliquid Ă CME Group dans sa capacitĂ© Ă capturer de l’open interest sur des actifs non crypto. C’est pourquoi l’argument d’une expansion bien au-delĂ du marchĂ© crypto natif se renforce chaque semaine.
Risques et limites : ce que Grayscale ne cache pas
Pourtant, le rapport Grayscale n’est pas un pamphlet haussier sans nuances. Trois risques majeurs sont explicitement documentĂ©s.
Le premier est rĂ©glementaire. Hyperliquid bloque actuellement les utilisateurs amĂ©ricains retail. La raison : l’incertitude sur la classification de ses marchĂ©s de futures perpĂ©tuels par la CFTC. Une dĂ©cision adverse pourrait contraindre la plateforme Ă restreindre encore davantage son accĂšs. Par consĂ©quent, les coĂ»ts de conformitĂ© pourraient devenir considĂ©rables.
Le deuxiĂšme risque est la concentration. L’Ă©quipe fondatrice contrĂŽle encore une partie significative du supply de HYPE. Ainsi, une vente importante pourrait peser lourdement sur le prix. Le troisiĂšme risque est la compĂ©tition. Binance, Bybit et plusieurs nouveaux entrants dĂ©veloppent activement leurs propres infrastructures on-chain. En revanche, aucun n’a encore rĂ©pliquĂ© l’adoption et le volume d’Hyperliquid Ă ce stade.
Hyperliquid force une rĂ©vision de catĂ©gorie. Ce n’est pas un exchange de plus. C’est une tentative documentĂ©e de reconstruire l’infrastructure des marchĂ©s financiers mondiaux sur une blockchain publique, sans intermĂ©diaire et sans permission. Grayscale ne dit pas que c’est gagnĂ©. Ils disent que si l’exĂ©cution continue Ă ce rythme, les consĂ©quences pour les marchĂ©s traditionnels pourraient ĂȘtre structurelles.
Onze personnes ont construit ce que Wall Street met des dĂ©cennies Ă assembler. La question n’est plus de savoir si Hyperliquid est sĂ©rieux. La question est de savoir si les rĂ©gulateurs lui laisseront le temps de prouver ce qu’il est capable de faire.
â ïž Cet article est Ă titre informatif uniquement et ne constitue donc pas un conseil financier. Par ailleurs, FRCrypto News n’est pas responsable des dĂ©cisions d’investissement prises sur la base de ce contenu. Les cryptomonnaies sont des actifs hautement volatils. C’est pourquoi il est essentiel de faire vos propres recherches avant tout investissement.




