Des pétroliers payaient jusqu’à 2 millions de dollars en Bitcoin pour traverser le détroit d’Ormuz en sécurité. Cet argent finissait chez les Gardiens de la révolution iraniens. Le Trésor américain vient de sanctionner l’exchange qui, selon lui, servait de tuyau à ce système : BitBank, basé à Téhéran.
BitBank sanctions IRGC Bitcoin : ce que révèle le Trésor américain
L’OFAC, le bureau du Trésor chargé des sanctions, accuse BitBank d’avoir acheminé des centaines de millions de dollars en Bitcoin vers l’IRGC entre juin et juillet 2026. L’exchange est désigné comme une « entreprise prioritaire » d’actifs numériques contrôlée par le financier iranien Babak Zanjani, déjà sanctionné en janvier.
Un péage maritime payé en Bitcoin depuis juin
Depuis juin, l’autorité iranienne Hormuz Safe Marine Services facturait aux navires entre 1 et 2 millions de dollars pour une « assurance de passage sécurisé » à travers le détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde pour le pétrole. Cette autorité, déjà sanctionnée en juillet, utilisait BitBank pour reverser les fonds collectés vers des entités du régime.
Qui est Babak Zanjani, l’homme derrière le réseau ?
Zanjani a été condamné à mort en Iran pour détournement de milliards de dollars appartenant à la compagnie pétrolière d’État, une peine commuée en 2024. Il serait réapparu publiquement en 2025 comme soutien de projets économiques liés au régime. Le Trésor a aussi désigné son développeur logiciel, Pishtaz Simorgh, ainsi que trois de ses proches collaborateurs.
BitBank sanctionne l’IRGC Bitcoin : une quatrième vague de sanctions en 2026
BitBank rejoint une longue liste. En juin, le Trésor avait déjà sanctionné Nobitex, le plus grand exchange iranien, ainsi que Wallex, Bitpin et Ramzinex. En août, Shelbit et Aban Tether suivaient. Cette action s’inscrit dans une campagne baptisée « Operation Economic Outcast », qui vise spécifiquement les infrastructures crypto de contournement des sanctions.
Ce que risquent les plateformes qui traitent, même indirectement, ces flux
La portée réelle de la désignation dépasse l’Iran. Toute plateforme, à Dubaï ou ailleurs, qui traite des flux liés à BitBank s’expose à une exclusion du système financier américain, sans qu’aucune transaction n’ait eu lieu sur le sol américain. L’OFAC n’a publié aucune adresse de portefeuille, ce qui complique la tâche des équipes de conformité chargées de filtrer ces flux.
Pourquoi cette affaire dépasse-elle le seul cas iranien ?
Pour les plateformes actives en France, en Belgique ou en Suisse, la vigilance porte sur les mêmes obligations que pour les États-Unis : ne pas traiter, même par ricochet, de flux liés à des entités sanctionnées. Combiné aux tensions réglementaires déjà en cours autour de Binance en Europe, l’épisode BitBank rappelle que le risque de conformité crypto ne se limite plus au seul cadre MiCA.
BitBank sanctions IRGC Bitcoin : le Bitcoin reste à 80 000 $ malgré l’affaire
Malgré la gravité géopolitique du dossier, le prix du Bitcoin n’a pas bronché, restant proche de 80 000 $ au moment de l’annonce. La même semaine, la CFTC avançait ses propres règles de marché : Washington muscle simultanément sa surveillance et sa clarté réglementaire, sur deux fronts très différents.
⚠️ Cet article est publié à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil financier. Aucune recommandation d’achat ou de vente n’est exprimée. Les marchés crypto sont volatils. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Effectuez toujours vos propres recherches. Ne misez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.




