Pas une ferme. Quatre. Le 6 septembre, les autorités mexicaines ont saisi 300 GPU à Tlaola, dans la Sierra Norte de Puebla. Trois autres opérations similaires ont été démantelées au même moment, dans les États de Puebla et de Tlaxcala.
Le cartel derrière la région : CJNG et La Barredora
Selon un analyste sécuritaire cité par Reuters, le Cartel Jalisco Nueva Generación et sa branche armée La Barredora dominent la zone. Les fermes clandestines minent Bitcoin, Monero et Tether. Le choix n’est pas anodin : Monero résiste à l’analyse on-chain, et Tether reste le canal privilégié pour déplacer rapidement des fonds.
Une hausse de 55,8 % du blanchiment via minage
Selon la société de cybersécurité mexicaine SILIKN, le recours au minage crypto pour blanchir de l’argent a bondi de 55,8 % en un an dans le pays. L’unité de renseignement financier mexicaine avait déjà identifié, en mai, un réseau liant crypto et blanchiment de profits du fentanyl. En juillet, une nouvelle enquête a directement relié des transferts d’actifs virtuels au CJNG.
Pourquoi voler l’électricité change tout le calcul ?
Miner un Bitcoin coûte normalement environ 45 000 dollars en électricité. En volant le courant d’un barrage hydroélectrique voisin, ce coût disparaît presque entièrement. C’est précisément ce que les enquêteurs soupçonnent à Tlaola : 80 bornes moyenne tension et un transformateur, raccordés sans autorisation.
Un phénomène que la France connaît aussi, sans cartel.
Pour un lecteur francophone, l’ampleur cartel-organisé surprend, mais le mécanisme non. La France a démantelé plusieurs fermes de minage raccordées illégalement au réseau EDF, sans lien avec le crime organisé transnational cette fois. Le vol d’électricité reste un délit identique des deux côtés de l’Atlantique, quelle que soit l’ampleur de l’opération derrière.
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