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Polymarket conteste l’interdiction néerlandaise : un test pour toute l’Europe

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La plateforme de marchés de prédiction refuse d’être qualifiée de jeu d’argent aux Pays-Bas. Elle saisit la justice contre le régulateur local, qui lui inflige des astreintes de 420 000 euros par semaine. L’enjeu dépasse La Haye. Toute l’Europe observe cette bataille de définitions.

Polymarket conteste l’interdiction néerlandaise : les faits

L’autorité néerlandaise des jeux, la Kansspelautoriteit (Ksa), a émis son ordre le 20 janvier 2026. Il a été rendu public le 17 février. Selon crypto.news, le régulateur reproche à Polymarket d’offrir des jeux d’argent sans licence.

La sanction est financière :

  • Astreinte : 420 000 euros par semaine
  • Plafond : 840 000 euros
  • Situation : une astreinte est devenue exigible en juillet, et le recouvrement est lancé
  • Décision sur l’objection : rejetée le 23 juin

Polymarket conteste désormais ce verdict. D’après SBC News, l’affaire est portée devant un tribunal de La Haye.

L’argument de Polymarket : un produit dérivé, pas un pari

La plateforme défend une thèse précise. Ses contrats seraient des produits dérivés, pas des paris. Elle explique que les utilisateurs échangent entre eux, qu’aucune cagnotte centrale n’existe et que les prix naissent de la demande. Aucune cote n’est fixée par un opérateur de jeux.

Un point précis nourrit le débat. Aux États-Unis, plusieurs dépôts auprès de la CFTC classent ces contrats comme des « swaps (options binaires) ». Or le régulateur néerlandais des marchés financiers, l’AFM, interdit les options binaires aux particuliers depuis 2019. La même qualification peut donc jouer contre la plateforme en Europe.

Le blocage technique, point sensible

Un autre argument concerne l’exécution. Polymarket affirme que l’accès est resté possible pendant la phase de test du blocage. Adventure One, la société mère, parle de « caractéristique connue de la technologie » et non de négligence. La Ksa a rejeté cette explication.

Politiquement, le sujet reste fermé. Une députée néerlandaise avait proposé un cadre séparé pour les marchés de prédiction. La secrétaire d’État Claudia Van Bruggen l’a écartée, en s’appuyant sur la position de la Ksa : ces offres sont des jeux d’argent.

Un mouvement européen, et au-delà

Les Pays-Bas ne sont pas isolés. Selon crypto.news, ils figurent parmi 39 pays entièrement bloqués depuis août. D’autres régulateurs ont agi :

  • Espagne (26 mai) : blocage de Polymarket et de Kalshi pour absence de licence, de contrôle d’âge et de vérification d’identité
  • France : blocage ordonné par l’ANJ à l’encontre de Polymarket
  • République tchèque : restriction imposée aux fournisseurs d’accès

D’après crypto.news, l’Espagne est le cinquième pays à agir en 2026, après le Brésil, l’Indonésie, l’Inde et le Portugal. Le régulateur espagnol résume : utiliser la blockchain ne change pas la nature d’un jeu de pari.

Polymarket conteste l’interdiction néerlandaise : pourquoi c’est un test

Le jugement de La Haye pourrait servir de repère. Si la justice retient la thèse du produit dérivé, les contrats de prédiction relèveraient des règles financières. Si elle suit la Ksa, il resterait des jeux d’argent, avec licence obligatoire. Dans les deux cas, d’autres pays en tiendront compte.

La plateforme fait déjà face à d’autres fronts. Nous avions détaillé la plainte de New York contre Polymarket. La question de la qualification, jeu ou produit financier, revient partout. Elle touche aussi la tokenisation, comme avec les actions tokenisées d’Ondo.

Et pour les francophones ?

En France, l’accès à Polymarket est déjà bloqué sur ordre de l’ANJ. Des voisins francophones ont adopté des positions proches. Le règlement européen MiCA encadre les cryptoactifs et leurs prestataires. Il ne règle pas la question des jeux d’argent, qui reste nationale.

Un contournement par VPN ne rend pas la plateforme légale. Il peut aussi compliquer un éventuel recours en cas de litige. Avant d’utiliser un service de ce type, mieux vaut vérifier son statut dans son pays. L’Europe privilégie ici une approche stricte, à l’image de la BCE et son système Pontes pour les actifs tokenisés.

Ce qu’il faut retenir

Polymarket porte l’interdiction néerlandaise devant la justice, avec des astreintes de 420 000 euros par semaine en jeu. Sa défense repose sur la nature de produit dérivé de ses contrats. Plusieurs pays européens ont déjà tranché en sens inverse. La décision de La Haye pèsera sur la suite, mais aucune date n’est annoncée.

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